Musique indépendante VS le grand public
Nizuk ProdPartager
Est-ce qu'on doit à tout prix chercher à percer dans la musique quand on est artiste ?
Comment le grand public perçoit les artistes indépendants (selon Nizuk) ?
1. Point de vue personnel
Yes tout le monde, aujourd'hui on parle d'un thème qui me tient à cœur depuis pas mal d'années.
À savoir : comment les artistes indés, pas connus, pas riches, pas sous le feu des projecteurs, et qui ne rempliront jamais le Stade de France sont vus par le grand public.
Parce que j'ai vraiment l'impression qu'il y a un fossé gigantesque entre ce que peut faire un musicien de son activité, de comment il conçoit la musique globalement, et comment va consommer le grand public sa musique mainstream.
Pour donner un exemple personnel : je n'ai jamais cherché à être connu plus que ça.
Je pense qu'être connu serait la chose qui me ferait sentir le plus malheureux dans la vie.
Certes, j'aime quand il y a un certain élan d'auditeurs par moments (quand je sors une nouvelle beat-tape Boom Bap par exemple), vers ma musique, mais être connu serait la dernière des choses que je me souhaite.
Je ne pense vraiment pas qu'il faille faire de la musique pour percer absolument dans le milieu musical et artistique.
J'aime énormément créer des beats Hip Hop, je partage mes créations sur Internet et ça me suffit amplement.
Je n'ai pas cette envie d'être connu, pris en photo dans la rue, ou encore être reconnu chaque fois que je vais dans le métro.
A tel point que j'ai du mal à comprendre qu'il y ait des gens qui font de la musique uniquement pour monter un business lucratif : et pourtant c'est comme ça que beaucoup de monde voit les choses par rapport à la création musicale.

Le beatmaker Nizuk dans son home-studio.
2. Un énorme fossé entre les musiciens indépendants et comment ils sont perçus par le public mainstream
Pour le coup, j'ai toujours vu le fameux "grand public" d'un mauvais oeil.
Depuis l'âge de 16 ans, je n'écoute plus de musique dite "grand public" mais uniquement de la musique (Hip Hop, dans mon cas) Underground.
Pour mes écoutes récréatives bien sûr : car étant beatmaker j'écoute en fait tout types de musique, à la recherche de samples pour mes instrumentales Hip Hop.
Et quand j'en viens à parler de mon parcours musical, à des inconnus, je me sens toujours en décalage par rapport à comment je me sens perçus par eux.
- "Ah mais t'as pas percé depuis toutes ces années de musique ? Pourquoi tu continues alors ?"
- "T'es beatmaker ? T'as produit pour qui de connu ?"
Comme si faire de la musique devait forcément rimer avec "vouloir être connu".
Je peux comprendre qu'on puisse aimer être écouté le plus possible : la musique qu'on crée est forcément destiné à un public.
Mais j'ai énormément de mal à me sentir en accord avec des gens qui vont consommer de la musique uniquement par le biais de la radio, ou même n'écouter que des artistes ultra-connus.
Selon moi, le grand public c'est cette masse majoritaire, qui ne s'est pas spécialisée dans un genre de musique et qui consomme la musique mainstream un peu comme une soupe qu'on lui servirait à la cuillère.

Le beatmaker Boom Bap Nizuk.
3. "Etre artiste" ne veut pas dire "vouloir être connu"
Le grand public (ou public mainstream) a beaucoup de mal, selon moi, à reconnaître qu'on peut aimer faire de la musique, et même faire de son quotidien la musique qu'on crée, et apprécier cette activité à sa juste valeur, sans vouloir chercher à percer dans l'industrie musicale.
Alors oui, avec l'arrivée des réseaux sociaux, bien installés désormais, l'idée reçue qu'être un musicien c'est être connu et riche, a eu tendance à disparaître.
Ici, je parle d'ailleurs toujours du grand public. Car de tout temps, je pense qu'il y a eu des passionnés de musique indépendante et Underground pour qui ça fait sens qu'il yait des artistes "hors-tendances".
Perso, je dis souvent que si je faisais de la musique pour percer, ma musique aurait une autre gueule.
Je veux dire que c'est évident quand on écoute ma musique que je ne cherche pas à plaire à ce fameux grand public, et que j'en ai d'ailleurs pas grand chose à en tirer si ce n'est de la confusion lors d'échanges brefs.
Ce que le grand public ne semble pas savoir, c'est que des artistes qui ne vivent pas de leur passion, il y en a des centaines de milliers en vérité.
Ca va même plus loin que ça, puisque Gemini (l'IA de Google) estime à cinq-cents millions (oui, un demi-milliard), le nombre de gens qui pratiquent de la musique dans le monde entier (amateurs compris, bien sûr).
N'hésitez pas à me dire ce que vous pensez de tout ça dans un commentaire !
Je pense régulièrement à ce sujet justement, et ça me tenait à cœur d'en parler.
D'ailleurs, j'en parle aussi sur YouTube, dans la vidéo ci-dessous.
Découvrez la nouvelle vidéo du beatmaker Hip Hop Nizuk.
Merci, et à bientôt.