Le beatmaking Hip Hop à l'heure des réseaux sociaux
Nizuk ProdPartager
Depuis plus de 20 ans, les réseaux sociaux ont changé notre façon de communiquer à travers le monde...
Et ce changement s'est aussi appliqué au beatmaking Hip Hop !

Le beatmaker Nizuk devant son PC.
1. Introduction
Yes, j'espère que vous passez un bel Été 2026.
De mon côté, je pars pas en vacances, je reste dans mon home-studio à créer des instrus Rap, comme le restant de l'année.
Aujourd'hui, j'avais envie de parler du processus de création de beats Hip Hop à l'heure des réseaux sociaux.
Je vais pas seulement parler de mon cas (étant donné que quand j'ai commencé à faire des instrus Hip Hop, les réseaux sociaux étaient déjà bien présents), mais parler de façon objective sur comment les réseaux sociaux changent la donne pour un beatmaker en 2026.
2. C'était mieux avant ?
Je ne peux bien sûr pas me prononcer de façon personnelle sur la question "Est-ce que c'était mieux avant ?", puisque je n'ai pas conçu d'instrus Rap à l'époque où les réseaux sociaux n'existaient pas encore.
Ceci dit, je peux quand même apporter ma vision des choses par rapport à cette question, et c'est ce que je vais faire.
À mon avis, à l'époque où les réseaux sociaux n'étaient pas encore installés, un beatmaker Rap était vraiment dans l'ombre des artistes pour qui il faisait des prods Hip Hop.
C'est (selon moi) les artistes et les rappeurs, qui ont toujours été mis plus ou moins en lumière aux yeux du public (alors qu'un beat sur lequel on pose, selon moi c'est 50% d'une chanson).
Peut-être que je me trompe, mais j'imagine les beatmakers Hip Hop des années 90 comme étant dans le studio, quasiment H24 à créer des instrus Boom Bap, travaillant presque à la chaîne : en mode geek de la MPC ou d'autres sampleurs 12bit, avec pour seules sorties en société des balades dans les rayons des disquaires de vinyles à dénicher des samples inutilisés auparavant.
C'est sûrement extrême et réducteur comme façon de penser, mais j'imagine bien les beatmakers des années 90 créer leur beats Hip Hop de cette manière.

La console analogique Fostex Model 450 de Nizuk.
3. Et la lumière fut ?
Aujourd'hui, à une époque où les réseaux sociaux sont désormais bien installés, et où on imaginerait plus faire sans, le métier de beatmaker a sûrement pu profiter d'une certaine mise en lumière.
On peut désormais se filmer durant ses processus de création, et envoyer la vidéo sur Instagram par exemple, et ainsi montrer comment on crée un beat Hip Hop.
Il y a même une certaine "scénarisation" du procédé de création de prods Hip Hop.
On va jouer dans les codes des réseaux sociaux : plutôt que de se filmer simplement en train de créer un beat Hip Hop, il va être nécessaire de créer une accroche pour faire rester le spectateur sur sa vidéo dès les toutes premières secondes, et ainsi être mis en avant par l'algorithme de la plateforme sur laquelle on publie, afin de pouvoir être vu davantage.
Désormais, faire de la bonne musique ne suffit plus : il faut être engageant avec son public.
Les auditeurs et spectateurs s'attachent d'avantage à un beatmaker Hip Hop dans lequel ils se reconnaissent personnellement, avec qui ils partagent des valeurs communes, que dans la musique qu'il crée, qui, elle, peut facilement passer au second plan.
4. Mon cas personnel
À une époque où je faisais du Rap, je me souviens avoir rassemblé un certain auditoire autour de ma musique dont un pourcentage assez conséquent souffrait de maladies mentales.
Et pour cause : je parlais de façon très ouverte de troubles mentaux tels que la schizophrénie, dans mes textes de Rap sombre, chose que très peu de rappeurs font encore aujourd'hui.
J'ai, depuis, arrêté d'écrire des textes et d'enregistrer du Rap, pour diverses raisons, mais il m'arrive encore aujourd'hui de créer des beat-tapes sur le thème de la schizophrénie comme "Le Monde Du Schizophrène" (disponible au format CD en boutique) !
Disons que ce qui fait ma spécialité (selon moi), c'est cette ouverture d'esprit sur les pathologies mentales et le fait que j'en parle dans ma musique.
Du coup, je suis plus susceptible de rassembler des personnes souffrant de schizophrénie, de troubles anxieux généralisés ou d'agoraphobie que tout autre type de personnes.
Parce que l'auditeur s'attache avant tout à qui on est au quotidien, plutôt qu'à la musique qu'on crée.
Et cet effet là a vraiment été très amplifié par l'arrivée des réseaux sociaux.

Le sampleur Ensoniq EPS du beatmaker Nizuk.
Si vous avez trouvé cet article intéressant, n'hésitez pas à laisser un commentaire, auquel je répondrai volontiers.
Et je vous dis à la semaine prochaine pour un nouvel article de mon blog !